Le role de l'absente. Je le refuse, le remets en vente. Je me reconstitue, me réatribue une contenance. Je te laisse, mon Amour Russe, l'érance. Celle qui tue sans élégance, sans même faire de différence. Entre toi et un autre - Mais à qui la faute ? - Je m'arrache à tes caresses, tes carrences et tes faiblesses. Je soustrais mon être nue à ta tendresse, à tes promesses non-tenues. Le role de l'absente. Je le déchire, le déserte. Je piètine les souvenirs, cours à ta perte. Je te laisse, mon Amour Slave, inerte. Au centre du silence qui brise les braves. Et les vertébres. Je jète ton être par la fenetre et je chute, m'écrase d'un bruit sec. Je multiplie les amalgames, les erreurs. Serais-je encore ta femme ? Aurai-je encore un coeur ? Le role de l'absente. Je le saccage, lui enlève le sens. Je retrouve mon statut, ma chair, ma substance. Et je te laisse, mon Amour Soviet', les restes d'une ancienne jouissance. Je te divises, te réduis, te devines en crise - De conscience ou de nerfs - Qui a dit - La souffrance se perds - ? Le rôle de l'absente. Sans etat d'âme, je l'éventre. J'y mets toute ma colère, toute ma rage. Et je te laisse, mon Amour URSS, les affres, les gouffres et les ravages. Je cours, me libére, me transmute. J'aditionne tes dettes, règle ton compte, te butes.
Khloya Ivastchenko aime avec ou sans haine.


